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RAPPEL : Éperdument – Un enfant d’Alep au bord de la Seine

« L’âme des sons précède la naissance » (Hubert Haddad). C’est sous cette impulsion que le compositeur et chanteur Abed Azrié nous convie à une soirée unique mêlant musique, récit de vie et poésie, pour célébrer la sortie de son ouvrage Éperdument : Un enfant d’Alep au bord de la Seine aux éditions Al Manar, maison dédiée aux arts et littératures des pays de la Méditerranée. Le 15 mai 2025, le Phonomuseum de Paris s’était alors transformé pour accueillir une soirée de lancement pas comme les autres. Dans le cadre intime du musée, l’artiste s’était fait à la fois chef d’orchestre, chanteur et conteur. À travers une sélection musicale éclectique, allant de Bach et Debussy aux influences orientales de ses propres compositions, Abed Azrié a donné vie aux pages de son livre.

Azrié l’affirme : «Si on me demande ce que je préfère dans la musique, ma réponse est sans hésitation : les musiciens. Sans eux, toute ma musique demeure voilée. » Entouré de musiciens fidèles et compagnons de longue date, au violon, à l’accordéon ou à la cithare, il tisse, au fil de la soirée, une partition vivante faite d’improvisations, de lectures de poèmes, d’anecdotes intimes et d’hommages musicaux. Chaque morceau, choisi ou inventé, devient de près ou de loin une résonance d’un chapitre de son livre, une traduction sonore d’un épisode de sa vie. La scène devient ainsi le prolongement naturel de son livre: un lieu où le verbe s’incarne dans la mélodie, où l’écriture se fait musique. Ce métissage instrumental, signature d’Azrié, couplé à sa voix, fait le lien entre les âges, les cultures, les influences, pour faire dialoguer l’Orient et l’Occident, le passé et le présent, l’intime et l’universel.

Paru en avril 2025, Éperdument : Un enfant dAlep au bord de la Seine est un récit profondément habité, dans lequel Abed Azrié retrace les contours de son parcours artistique et humain.
Il y revient sur son enfance en Syrie, élevé par une mère orpheline et lumineuse, dans un contexte de privations et de traditions rigides.
Avec beaucoup de transparence, Abed Azrié déclare : «Au Moyen-Orient, vous nexistez pas individuellement », avant d’affirmer : «Je fuyais laridité de ma vie quotidienne, les conventions, le poids des traditions musicales.»

Il y raconte également sa passion précoce pour les sons de toute origine, qu’ils soient religieux, profanes ou populaires, et son rejet des carcans qui limitent la création. Très tôt, les disques venus d’Europe et la radio lui révèlent un ailleurs possible : une « autre Méditerranée », synonyme de liberté. C’est une évidence pour celui chez qui la musique est inscrite « de façon quasi biologique » : en 1965, à l’âge de 19 ans, Abed Azrié quitte la Syrie pour la France, en quête d’une liberté artistique que son pays natal ne pouvait lui offrir.

Éperdument est à la fois récit d’exil, carnet d’artiste, essai musical et spirituel, où s’entrelacent réflexions sur la foi, les mythes, la création et l’amour. L’auteur y explore les racines communes des religions et se livre à une réinterprétation contemporaine des textes anciens, qu’il met souvent en musique, comme avec l’Épopée de Gilgamesh ou l’Évangile selon saint Jean. Éperdument : Un enfant dAlep au bord de la Seine explore l’intersection entre musique, religion, poésie et mémoire. Abed Azrié y réfléchit à la place du sacré dans nos vies, questionne les traditions, confronte les mythes bibliques aux textes sumériens, et redonne sens aux écritures par la musique. À travers cette soirée, Abed Azrié transforme la lecture en expérience sonore, célébrant la rencontre du verbe et de la mélodie. Chaque intervention musicale, chaque mot prononcé, chaque note jouée forme une introduction vivante au livre. Une mise en bouche poétique et touchante, comme une version sonore et incarnée du texte.

Abed Azrié incarne la figure rare d’un musicien érudit, nomade, inclassable et Éperdument devient naturellement le prolongement de cette démarche : un livre à plusieurs voix, à lire comme on écoute une œuvre musicale.

Jacques Gehringer Delcroix

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ÉPERDUMENT – Un enfant d’Alep au bord de la Seine.
Abed Azrié nous raconte son parcours passionnant depuis la Syrie natale. Élevé par une mère qui « voyait la couleur et le printemps en tout», Abed est très tôt fasciné par les instruments de musique. À huit ans, enfant de chœur, il voulait jouer de l’orgue à l’église, et chaque dimanche, courait les messes des différents rites, byzantine catholique, orthodoxe, chaldéenne, syriaque, arménienne, latine et protestante.
Son arrivée à Paris, en 1965 à l’âge de dix-neuf ans, marque le début de sa formation musicale. Il intègre l’école Martenot puis l’école normale de musique, apprend la langue en traduisant de la poésie française vers l’arabe, et devient un chanteur et compositeur incontournables, qui renouvelle la musique orientale.
Son parcours est semé de rencontres incroyables qui ont illuminé son chemin, sa mère, ses sœurs, le père Balian, Maurice Martenot, Jean Picart le Doux, sa découverte des auteurs soufis et la mythologie mésopotamienne, sa rencontre avec Pierre Petit, Adonis, Nadia Boulanger, Ziryâb, Omar Kayyam, Goethe, Gilgamesh, Sargon, Jeanine et Jacques Guipon…
Abed Azrié nous ouvre les pages de son histoire, ses grand-parents et leur fuite à Alep en 1915 lors du génocide des arméniens, mêlée à ce qui l’inspire : les musiques, les mythes et légendes mésopotamiennes, les religions monothéistes, leurs récits et leurs archétypes.
« Une vie entière pour apprendre cette phrase de Gilgamesh : se renouveler en permanence ».
Éditions Al Manar – 170 pages / 22€ / ISBN 978 2 36426 398 7

PATTIKA EN LIBERTÉ « DE MONTMARTRE À PIGALLE »

Récital de chansons françaises

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En vedette : la chanteuse PATTIKA,

accompagnée au piano par PASCAL COEMET

Présentation : JEAN-MANUEL GABERT, président de la société d’histoire Le Vieux Montmartre. 

Jeudi 7 mai 2026 à 19h15 – Tarif : 20 euros/personne.

Jeudi 21 mai 2026 à 19h15 – Tarif : 20 euros/personne.

 

 

Une balade artistique en chansons entre Montmartre et Pigalle 

 

La chanteuse Pattika rend hommage à Édith Piaf, Fréhel, Cora Vaucaire, Charles Aznavour, Francis Lai, Patachou, Jeanne Moreau, Marcel Mouloudji… et présente ses propres titres, en célébrant deux quartiers voisins mythiques : Montmartre et Pigalle. 

Le spectacle se compose comme un dialogue entre chansons d’hier et d’aujourd’hui, qui se répondent à travers le temps et l’histoire : à chaque reprise correspond ainsi une chanson originale, qui en actualise le thème en jouant sur tous les tons, de l’humour à la mélancolie.

Les chansons sont présentées et mises en contexte historique, avec nombre d’anecdotes, par Jean-Manuel Gabert, président de la société Le Vieux Montmartre. 

Chansons historiques et chansons originales – dont inédits de Francis Lai, Pattika.

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Ils en parlent :

 

 « Pattika, j’aime beaucoup le panachage de tes chansons. Les tiennes s’intègrent parfaitement aux mélodies traditionnelles de Paris.  Avec comme point d’orgue ton interprétation émouvante de L’Accordéoniste d’Édith Piaf. J’ai vécu un grand moment d’émotion forte partagé avec le public. »

Claude Lemesle, parolier, auteur, ancien président de la SACEM.

« En chantant, l’artiste nous prend par la main et les sentiments le temps d’une balade musicale à travers Paname. Surpris par cet élan d’amour intemporel, ça tangue dans la salle et nos cœurs chavirent. Pattika donne l’envie d’aimer, et c’est si bon. Ne passez pas sans la voir ! »

Jean-Pierre Potier, journaliste, chroniqueur à Montmartre en revue.

 

« Merci pour cette belle soirée thématique. Avec des intermèdes historiques du guide ‘vedette’ de la Butte, Jean Manuel Gabert, Pattika a chanté Montmartre avec ses différentes facettes. Un récital intelligent, alternant patrimoine et créations. Et là, je peux affirmer que Pattika est non seulement une excellente interprète, mais aussi un grand auteur ! Une écriture originale et moderne.»

Eric Durand, animateur à Radio Arts-Mada.

 

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Billetterie accessible en cliquant ici : 7 mai 2026Hello Asso

Billetterie accessible en cliquant ici : 21 mai 2026Hello Asso

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De l’Onde à l’Inouï : Les Pouvoirs du Son.

Colloque à la Philharmonie de Paris.

M. Jalal Aro, Conservateur du PHONO Museum Paris, participe à l’événement le 11 avril !

Vendredi 10 avril 2026 et Samedi 11 avril 2026.

La Philharmonie de Paris et France Culture s’associent pour un colloque explorant le phénomène sonore dans toutes ses dimensions. Comment le son est-il produit ? Perçu, mesuré, modifié ? De ses caractéristiques physiques et acoustiques à son étude en sciences humaines et sociales (les sound studies), il s’agit ici d’envisager le son comme objet pluridisciplinaire et de questionner sa force de transformation et de transmission. Au programme : tables rondes, écoutes de productions en audio immersif, atelier avec les bruiteurs des fictions de France Culture et enregistrement public d’une masterclasse avec le designer sonore Nicolas Becker.

En partenariat avec France Culture.

VENDREDI 10 AVRIL 2026

 

Animation : Zoé Sfez (France Culture)

• 9h30 : Accueil

• 9h45-10h : Mot d’introduction par Olivier Mantei, directeur général de la Cité de la musique – Philharmonie de Paris et Emelie de Jong, directrice de France Culture

• 10h-10h30 : De la vibration à l’oreille

Conférence à deux voix par Augustin Ernoult et Claudia Fritz, chercheurs en acoustique musicale au sein de l’équipe lutheries-acoustique-musique de l’Institut Jean le Rond d’Alembert

• 10h30-11h30 : Écoute commentée en son immersif du podcast de France Culture, Retour vers la Préhistoire

–     Camille Renard, responsable des projets numériques, en charge des podcasts à France Culture
–     Franck Bessiere, producteur du podcast
–     Frédéric Changenet, ingénieur du son, responsable de projet innovation audio à Radio France

• 11h30-11h45 : pause 

• 11h45-12h30 : L’usage de l’IA dans le travail du son

Table ronde avec :
–     Matthieu Beauval, directeur en charge de l’innovation à la Direction du Numérique et de la Stratégie d’Innovation de Radio France
–     Jean-Louis Giavitto, directeur de recherche CNRS-Ircam STMS, codirecteur de L’art au temps de l’IA (éditions du Centre Pompidou, 2025)

• 12h30-14h : pause déjeuner 

• 14h-15h : Écouter, projeter, imaginer : les pouvoirs symboliques et culturels du son

Table ronde avec :
–     Marguerite Jossic, chercheuse en acoustique et mécanique de l’instrument de musique, membre de l’équipe conservation-recherche du Musée de la musique
–     Claudia Fritz, chercheuse en acoustique musicale au sein de l’équipe lutheries-acoustique-musique de l’Institut Jean le Rond d’Alembert
–     Bertrand Amiel, bruiteur

• 15h-16h15 : Écoute commentée en son immersif du podcast de France Culture, L’ouïe, ce sens vital

–     Camille Renard, responsable des projets numériques, en charge des podcasts à France Culture
–     Frédéric Changenet, ingénieur du son, responsable de projet innovation audio à Radio France
–     Luc Arnal, chercheur en neurosciences cognitives à l’Institut de l’Audition, producteur du podcast.

16h15-16h30 : pause 

• 16h30-17h30 : Entretien avec Jérôme Sueur, éco-acousticien, professeur au Muséum national d’histoire naturelle de Paris (MNHN), auteur des livres Histoire naturelle du silence (Actes Sud, 2023 ; Babel, 2026) et Ground Noise, avec la photographe Céline Clanet (Actes Sud, 2023)

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SAMEDI 11 AVRIL 2026

• 9h45 : Accueil

 10h-11h30 : Ce que l’enregistrement fait au son

Table ronde avec :
–     Pauline Nadrigny, maîtresse de conférence HDR en philosophie à Paris-I Panthéon Sorbonne, autrice de Sonder le monde, arts sonores, réalisme, environnement (éditions MF, 2025)
–     Ludovic Tournès, professeur d’histoire globale à l’université de Genève
–     Jalal Aro, directeur et créateur du PHONO Museum Paris. 
–     Aurélie Charon, productrice radio, coordinatrice de l’espace de création radiophonique L’Expérience, à France Culture

• 11h30-11h45 : pause 

• 11h45-13h : Écoute commentée du concert-fiction de France Culture, Blanche-Neige & sortilèges

–     Cédric Aussir, réalisateur à France Culture
–     Xavier Drouault, bruiteur

• 13h-14h30 : pause déjeuner

• 14h30-15h30 : Bruits, environnements et pollutions sonores

Table ronde avec:
–     Mylène Pardoën, archéologue du paysage et du patrimoine sonore, ingénieure de recherche CNRS
–     Roberto Barbanti, professeur émérite au département Arts plastiques de l’Université Paris-VIII, co-fondateur et codirecteur de Sonorités (2006-2017), revue francophone d’écologie sonore, auteur de Les sonorités du monde – De l’écologie sonore à l’écosophie sonore (Les presses du réel, 2023)
–     Matthieu Sineau, acousticien, responsable du Pôle études de l’Observatoire du bruit en Île-de-France (Bruitparif)
–     Christian Hugonnet, ingénieur acousticien, président fondateur de la Semaine du Son

• 15h30-16h : pause 

• 16h-17h30 : Grand entretien / Masterclasse France Culture avec le designer sonore Nicolas Becker, animé par Natacha Triou, productrice à France Culture

 

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Une récompense américaine pour l’Archéophone et la Phonobase

En effet, M. Henri Chamoux, notre Trésorier et Ingénieur d’Études au LARHRA est récompensé depuis Janvier 2026 pour l’Archéophone (son invention) et la Phonobase (sa création).

L’Archéophone et la Phonobase ont reçu l’Independent Initiatives Award de l’ARSC (Association for Recorded Sound Collections). Basée aux Etats-Unis, l’ARSC est une organisation de préservation de patrimoine culturel centrée sur les enregistrements sonores en tant que matériel historique. À retrouver sur les pages des lauréats 2026 de l’Independent Initiatives Award de l’ARSC :

Ci-dessus : Henri Chamoux et l’Archéophone, son invention dont nous pouvons être tous fiers !

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Henri Chamoux Inventeur du premier système professionnel de transfert de cylindres largement adopté dans le monde, et exploitant d’un site web public donnant accès à des milliers d’enregistrements sonores parmi les plus anciens du monde.
  • Henri Chamoux est depuis des années reconnu pour son Archéophone, véritable «couteau suisse» des plateformes de transfert de cylindres, utilisé dans les archives sonores et les collections privées du monde entier. Ses initiatives personnelles vont cependant bien au-delà de cette contribution majeure. Son engagement de plusieurs décennies envers les enregistrements sonores anciens témoigne d’une conviction profonde : la préservation n’est pas qu’un simple acte technique, mais une responsabilité intellectuelle et culturelle.
  • Cette philosophie trouve sa plus belle expression dans la Phonobase, son site web permettant aux visiteurs d’explorer et d’étudier plus de 16 000 enregistrements sonores européens anciens. Parallèlement, Henri Chamoux a mené de nombreux projets, indépendants et institutionnels, visant à identifier des collections rares et fragiles, à développer des méthodes de préservation et de numérisation de leur contenu, et à réaliser des transferts à grande échelle pour le public, notamment la numérisation intégrale des enregistrements Dictabelt du procès de Nelson Mandela à Rivonia, qui a duré 230 heures. Le développement continu de la Phonobase promet d’être aussi important que les contributions déjà réalisées.
  • Henri Chamoux a conçu l’Archéophone en 1998. En 2015, il a soutenu sa thèse de doctorat en histoire sur les débuts de l’industrie phonographique française. Il est ingénieur au LARHRA, un laboratoire public de recherche, et membre du conseil d’administration de l’association qui soutient le Phono Museum Paris.
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FRANÇOISE PAR SAGAN (avec Caroline Loeb).

D’après Je ne renie rien de Françoise SAGAN

Mise en scène Alex LUTZ

Françoise Sagan fut peut-être son personnage le plus réussi. L’auteur de Bonjour tristesse s’est souvent livrée à l’exercice des interviews et entretiens médiatiques avec une touchante et sauvage spontanéité. Caroline Loeb fait revivre son intelligence féroce, sa tendresse caustique, son humour rebelle, à travers une série de confidences, publiées sous le titre : Je ne renie rien. Passent en revue l’argent, le désir, la littérature, les hommes, le jeu, la mort dans un étourdissant et généreux élan. Un face à face décapant avec cette nature passionnée, qui savait vivre entre les lignes. Bonjour jeunesse ! À partir du 6 mars 2026.


 

Les médias en parlent :

 

  • On pense connaître Sagan, on la redécouvre. (…) Caroline Loeb dresse le portrait d’une Sagan sensible et imprévisible, pleine d’esprit et délicieusement indocile. Et c’est réussi. LE CANARD ENCHAÎNÉ
  • Caroline Loeb, une merveilleuse comédienne qui n’a pas sa pareille pour ressusciter les grandes figures de femmes de lettre. FIGARO MAGAZINE
  •  À vivre absolument ! PARIS MATCH
  •  Un moment pur, simple, délicat, profond et drôle. FIGAROSCOPE
  •  Une parenthèse de réflexion d’une rare finesse. De laquelle on ressort grandi. LE PARISIEN
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Conférence Disquée par Norman Barreau-Gély et l’équipe du PHONO Museum Paris :

Jeudi 12 mars 2026 à 19h – Tarif : 10 euros/personne.

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Au lendemain de la Première Guerre mondiale, les femmes, qui ont remplacé les hommes à la ville comme aux champs, se battent pour obtenir le droit de vote, militent pour devenir visibles et s’affranchissent des conventions liées à leur sexe.

Kiki de Montparnasse, Joséphine Baker, Coco Chanel, Suzanne Lenglen ou encore Adrienne Bolland investissent les boulevards, les scènes de music hall, les journaux, les courts de tennis, l’espace aérien et offrent une nouvelle vision du monde.

Un siècle plus tard, ces femmes continuent de nous éclairer de leur courage et de leur audace.

À l’occasion de la sortie du coffret 3 CD Femmes des années folles chez Frémeaux & associés la conférence de Norman  Barreau-Gély sera ponctuée d’écoute au phonographe de disques de chanteuses des années folles, présentés par Naïs Nolibos et Jalal Aro !

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Billetterie accessible en cliquant ici ➡ Hello Asso

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Le dimanche 15 février 2025,  BABAR l’Éléphant est en spectacle au PHONO Museum Paris !

Avertissement ! le spectacle est en langue russe. Le spectacle est destiné à nos amis russophones.

Deux représentations sont programmées. Première représentation à 15H00. Seconde représentation à 16H30.

Billetterie accessible en cliquant ici ➡weezevent

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Слона Бабара называют одним их самых известных французов в мире. И уж точно он самый известный слон в литературе.
Французский художник Жан де Брюнофф издал первый иллюстрированный альбом о приключениях Бабара в 1931, а уже к 1939 году было продано около четырех миллионов экземпляров его книг по всему миру. Бабар стал любимым персонажем нескольких поколений детей не только Франции, но и Англии, Америки и Японии.
Говорят, что однажды знаменитый французский композитор Франсис Пуленк пришел в гости к своим юным родственникам, сел за рояль и стал им играть. “Какая скучная музыка, – сказал ему самый смелый из слушателей и поставил на пюпитр свою любимую книжку про слоненка Бабара, – сыграй лучше про Бабара!”
Возможно, это просто анекдот из жизни великих, но факт остается фактом: Пуленк действительно сыграл, а потом и записал “серию музыкальных комментариев”, посвятив этот опус своим племянникам.
Сегодня «История слоненка Бабара» – основа детской музыкальной классики Франции, аналог нашему « Пете и волку ».
Иллюстрации к музыкальной сказке Пуленка будут создаваться « с чистого листа », по ходу развития сюжета и прямо перед глазами юных слушателей.
Мы опустили травмирущие эпизоды сказки, мама Бабара не умирает.
Наших гостей ждет небольшое угощение, а по завершению спектакля они смогут нарисовать свою сказку.
Фортепиано: Юлия Бройдо
Художник: Михаил Кочетков
Чтец: Лиора Гиберштайн
Инфо по тел 06.60.94.57.78
Вернуть билеты можно не позже 48ч до спектакля.
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Billetterie accessible en cliquant ici ➡weezevent

L’ESTHÉTIQUE DU GRAMOPHONE SELON SASCHA BROSAMER.

Sascha Brosamer, artiste outre-Rhin, est un Ami du PHONO Museum Paris, de longue date. Il est venu à Paris accomplir certaines de ses œuvres artistiques. Sascha Brosamer travaille actuellement à la mise au point d’un pigment noir spécifique, le « Shellac Record Black », créé à partir de disques en gomme-laque originaux de la collection Phonopassion, afin de réaliser une série de peintures inédites, en utilisant ce pigment noir.

La théoricienne de la culture matérielle et sonore Élodie A. Roy retranscrit les motivations profondes de l’Artiste.

L’esthétique du gramophone selon Sascha Brosamer

 

La fascination de Sascha Brosamer pour le gramophone a débuté il y a près de vingt ans, alors qu’il était étudiant à l’Académie des Beaux-Arts de Karlsruhe. Mais c’est bien des années plus tard, à Paris, que l’artiste a commencé à saisir plus intensément le potentiel créatif de l’appareil, à la fois comme vecteur sonore et visuel. C’était en 2017. Sascha Brosamer jouait sur un gramophone emprunté dans un appartement haussmannien déserté, dont les propriétaires étaient partis ou décédés. Cette première performance (non documentée) s’intitulait « Jacqueline et Pierre ». Déjà, l’artiste se sentait attiré par l’aura de passé qui émanait de l’appareil et par le pouvoir évocateur du son, capable de faire surgir des temps et des lieux disparus (avant de disparaître à son tour). Plus que tout autre médium, le son pouvait raconter une histoire sans en dévoiler l’intrigue : il révélait tout, tout en préservant le mystère. Il pouvait faire apparaître des pièces entières ou faire disparaître des murs. Il se souvenait autant qu’il effaçait. À partir de « Jacqueline et Pierre », les gramophones sont devenus un élément incontournable des œuvres de Sascha Brosamer (servant à la fois de supports visuels et d’instruments centraux dans les concerts).

Bien que Sascha Brosamer ait perçu dès le départ la valeur du gramophone en tant qu’objet historique, et qu’il ait rapidement tissé des liens étroits avec des collectionneurs en Allemagne et à l’étranger, son travail dépasse la simple nostalgie. Les disques en gomme-laque et les appareils de lecture représentent bien plus pour lui que de vieux artefacts prenant la poussière dans des pièces à demi oubliées (à l’instar des aspidistras évoquées par George Orwell). Il les perçoit plutôt comme des objets qui lui permettent de collecter, d’accéder et de libérer l’esprit de notre époque. Ils sont pleinement et intensément vivants, en permanence.

Les gramophones de Sascha Brosamer sont autant de portes d’entrée vers le flux (excessif) de la temporalité elle-même, dans sa dimension dynamique et indéterminée. Il est peut-être logique qu’au fil des ans, il ait joué – et trimballé à travers le monde – d’innombrables gramophones portables. Ce qui le fascine, c’est l’esthétique de la valise que représente la phonographie : pressé sur de la gomme-laque, le son peut être transporté, et il transporte à son tour les auditeurs. Son œuvre a toujours témoigné d’une sensibilité particulière à la dimension mondiale et nomade du son enregistré (y compris son histoire coloniale : symbole de domination impériale autant que moyen d’émancipation et de pouvoir). Cette sensibilité s’exprime, par exemple, dans une installation de 2017 intitulée « La Polyphonie des ports coloniaux », présentant cinq gramophones-valises en équilibre précaire sur des boîtes en verre contenant des plantes vivantes (une œuvre proposée dans un esprit de dialogue avec l’analyse critique de la phonographie mondiale proposée par Michael Denning dans son ouvrage « Noise Uprising », 2015).

Au premier abord, avant même qu’il n’actionne le levier, les gramophones de Brosamer apparaissent comme des ready-mades (dans la lignée de Duchamp). Pourtant, ce sont aussi des appareils sonores : ils ne sont pas choisis pour leur attrait visuel, mais pour les strates de mémoire qu’ils recèlent et qu’ils peuvent exprimer par le son. La démarche de Sascha Brosamer est résolument archéologique, voire phono-archéologique. Il cite les Thèses sur la philosophie de l’histoire de Walter Benjamin (1940) parmi ses influences.

Selon ses propres termes : « Mon attrait pour la gomme-laque, et en particulier pour les pressages de la société Art-Tune de Hong Kong, réside dans leur double nature : ce sont à la fois des objets musicaux et des palimpsestes culturels, chaque disque faisant converger de multiples histoires, qui se transforment à chaque écoute. »

Ainsi, Brosamer utilise-t-il les tourne-disques comme de délicates et imprévisibles machines à remonter le temps, nous permettant de remonter toujours plus loin dans le passé. Une séance d’écoute se transforme rapidement en une sorte de spiritisme. En passant des disques de la première moitié du XXe siècle, l’artiste brouille également les frontières. L’écoute ne nous transporte pas comme par magie dans le passé, et encore moins n’engage-t-elle un dialogue fluide avec les événements historiques. Nous ne pouvons même pas commencer à saisir l’immensité du passé. Nous prenons plutôt conscience de l’irréversibilité de ce qui a été. Et pourtant, le passé ne disparaît pas. Il persiste, il vacille. Il crépite. Il se fige, impuissant. Qu’entendons-nous ? Où nous situons-nous ? Où portons-nous notre attention ? Où se porte notre regard ? Lorsque j’écoute des disques 78 tours, je me surprends à hésiter : je ne sais plus vraiment ce que j’écoute, ce que je cherche à entendre. Le monde entier se met à trembler. Les frontières entre le monde intérieur et le monde extérieur s’estompent. D’une certaine manière, j’entends les échos de mon propre émerveillement, de ma confusion, de mon propre sentiment de déracinement. Je n’entends pas le passé : j’entends des vagues de passé, certaines infimes, d’autres monumentales, qui s’écrasent sans cesse sur les rivages du présent. J’entends l’ambiguïté, la répétitivité, les cycles du temps et de la mort qui me submergent. L’effet peut être bouleversant, voire déstabilisant, et il crée une énergie brute et rare : les signaux acoustiques se transforment en pure électricité.

Ainsi, à travers ses récitals immersifs sur gramophone, Sascha Brosamer crée un espace d’écoute et de réflexion, un lieu où se déconnecter temporairement de notre environnement immédiat (afin de mieux percevoir notre situation actuelle sous un autre angle). Son œuvre révèle la vitalité excessive, presque hallucinatoire, et la postérité des objets culturels. Ces dernières années, il a fusionné des technologies d’écoute archaïques et hyper-contemporaines, combinant des disques découpés à la main, inspirés par Christian Marclay, avec des performances participatives sur smartphone utilisant la technologie Grainfield de l’IRCAM pour créer des espaces d’écoute immersifs.

Je crois qu’il s’intéresse autant au son enregistré qu’aux espaces non marqués et non enregistrés (pourtant jamais silencieux) entre les sillons – à ces bruits aléatoires et parasites qui sont aussi des moments où la vie et le sens peuvent renaître.

Malgré leur immatérialité, les fantômes ont besoin d’environnements physiques pour exister. Ils hantent les maisons, les objets du quotidien – les textures familières. Surtout, comme Derrida et Stiegler l’ont souligné lors de leurs échanges sur les spectres audiovisuels, ils sont dépendants de la technologie, chaque nouvelle technologie engendrant des modes et des formes de hantise particuliers.

Affirmer que Sascha Brosamer travaille avec les fantômes signifie donc aussi que son œuvre prend pour point de départ – et reconnaît – le substrat matériel du monde (dans la tradition ludique de Fluxus et de Joseph Beuys, l’une de ses principales influences). L’art de Sascha Brosamer intègre la matière de l’expérience quotidienne, le fragile socle commun de l’histoire – ainsi que les tentatives de donner un sens à cette histoire – avant qu’elle ne se désagrège à nouveau.

Elodie A. Roy

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Sascha Brosamer’s Gramophone Aesthetics (Original Text)

 

Sascha Brosamer’s fascination with the gramophone began nearly two decades ago when he was a student at the Karlsruhe Academy of Fine Arts. But it is years later, in Paris, that the artist started grasping more acutely the machine’s creative potentials – both as a sonic and visual vessel. The year was 2017. Brosamer played a borrowed gramophone in a deserted Haussmannian apartment whose owners had left, or passed away. This early (undocumented) gramophone performance was called Jacqueline et Pierre. Already the artist felt drawn to the device’s aura of pastness – and to the evocative power of sound to conjure up vanished times and places (before vanishing in turn). More than any other medium, sound could tell a story without giving any of the plot away – it revealed everything while keeping the mystery intact. It could conjure up entire rooms, or make walls disappear. It remembered as much as it erased. From Jacqueline et Pierre onwards, gramophones became a fixture of Brosamer’s works (both serving as visual prompts and as central instruments in concerts).

Although Brosamer perceived from the start the gramophone’s value as an historical object, soon forming very close acquaintances with collectors in Germany and beyond, his work goes beyond nostalgic attachment. Shellac records and playback devices are much more to him than retro artefacts quietly gathering dust in semi-forgotten rooms (like George Orwell’s proverbial aspidistra plants). Rather, he sees them as objects that may help him collect, and access/liberate, the spirit of the present era. They are completely, vibrantly alive – at all times.

Brosamer’s gramophones act as gateways into the (over)flow of temporality itself – in its dynamic, indeterminate quality. Perhaps it is fitting that over the years he should have played – and lugged around the world – countless portable gramophones. What appeals to him is phonography’s suitcase aesthetics: pressed onto shellac, sound can be transported, and it transports listeners in turn. His work has always showcased a particular sensitivity to the global, nomadic dimension of recorded sound (including its colonial history: as a symbol of imperial domination as well as a means of potential empowerment and emancipation). This sensitivity is expressed, for instance, in a 2017 installation entitled The Polyphony of the Colonial Ports, showing five suitcase gramophones precariously perched onto glass boxes containing living plants (a work offered in a spirit of dialogue with Michael Denning’s critical reading of global phonography in his book Noise Uprising, 2015).

At first sight, and before he starts cranking the lever, Brosamer’s gramophones exist as readymades (in the tradition of Duchamp). Yet they are also sounding devices : they are not chosen for their visual appeal – but for the layers of memory they hold and may sonically express. Brosamer’s approach is resolutely archaeological – or, perhaps, phono-archaeological. He cites Walter Benjamin’s 1940 Theses on the Philosophy of History as one of his influences.

In his words, My attraction to shellac, particularly Hong Kong’s Art-Tune Company pressings, lies in their dual nature: they are both musical objects and cultural palimpsests [with] each record bring[ing] multiple histories into alignment, changing with each encounter.

Accordingly, Brosamer uses record players as delicate, unpredictable time machines, as means of going further and further back in time. A gramophone listening session quickly becomes a séance with ghosts. As he plays records from the first half of the century, the artist also blurs boundaries. When we listen, we don’t magically return to the past – let alone enter into a seamless conversation with historical events. We cannot even begin to measure the vastness of what has gone. Rather, we become aware of the irreversibility of what has been. And yet the past doesn’t vanish. It lingers and it stutters. It crackles. It gets stuck – helplessly. What do we hear? Where do we place ourselves? Where do we direct our ears? Where does our focus lie ? When I listen to 78s records I suddenly hesitate: I’m not sure anymore what it is I am listening – what I am listening for. The whole world begins to shake. Frontiers between the inner and the outer realms get blurred. In some ways, I hear reverberations of my own wonder, my confusion – my own sense of displacement. I’m not hearing the past: I’m hearing waves of pastness, some tiny, others monumental, endlessly crashing to the shores of the present. I’m hearing ambiguity, repetitiveness, the cycles of time and death washing over me. The effect can be overwhelming or destabilizing – and it creates a rare, raw energy – acoustic signals become pure electricity.

And so, with his immersive gramophone recitals, Brosamer creates room to listen, to reflect – a space to become temporarily estranged or de-tuned from our immediate environment (so as to better perceive our current situation, from another angle). His work reveals the excessive, hallucinatory vitality – and afterlife – of cultural commodities. In recent years, he’s brought together archaic and hyper-contemporary technologies of listening, combining “handmade cut-up records inspired by Christian Marclay with participatory smartphone performances that use IRCAM’s Grainfield technology to create immersive listening spaces.”

I believe he’s as interested in recorded sound as he is in the unmarked and unrecorded (yet never silent) spaces between the grooves – in the random, parasitic noises that are also moments where life and meaning may emerge anew.

For all their immateriality, ghost need physical environments to exist. They dwell in houses, domestic objects – familiar textures. Importantly, as Derrida and Stiegler once noted in their conversations on audiovisual spectres, they are technology-dependent, with every new technology giving rise to particular modes and forms of haunting.

To say that Brosamer works with ghosts therefore also means that his work begins with – and acknowledges – the material substrate of the world (in the playful tradition of Fluxus and Joseph Beuys, one of his key influences). Brosamer’s art incorporates the stuff of everyday experience, the fragile, common ground of history – as well as the attempts to make sense of that history – before it starts falling apart again.

Elodie A. Roy

 

À l’occasion de la parution de l’ouvrage d’Arlette Goupy – LA FASHION-WEEK – LES FABULEUX DESSINS DE CLAUDE VÉGA, une séance de dédicace et d’échange avec l’autrice est organisée au PHONO Museum Paris :

Lundi 8 décembre 2025 de 18H00 à 21H00

Arlette Goupy, sa compagne de longue date, nous invite à découvrir une facette totalement inconnue du grand public de Claude Véga, que l’on connaissait publiquement pour ses talents de comédien de théâtre, habitué des plateaux TV dans les années 1970 comme ceux des Carpentier, ainsi que dans son rôle d’imitateur et humoriste dès les années 1950 qui le révéla au public français,  ayant d’ailleurs inspiré et formé la génération suivante tels que Patrick Sébastien, ou encore l’immense Thierry Le Luron.

Mais, talent artistique oblige, Claude Véga dessinait aussi, car il était doté d’un solide coup de crayon. Et Ainsi, Arlette Goupy dans son dernier ouvrage, tient à nous en faire profiter. L’ouvrage est préfacé par Nana Mouskouri qui a bien connu l’artiste.

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Le livre contient les reproductions de ses plus beaux dessins, croquis et esquisses de Claude Véga. À découvrir au PHONO Museum Paris.
Vous pouvez venir avec votre exemplaire à dédicacer, ou l’acheter sur place –  des exemplaires du livre seront disponibles sur place.
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