Il y aura bientôt cent ans, le 25 février 1922 exactement, fut exécuté l’épouvantable Henri Désiré Landru.

C’est bien connu, en France, tout finit par des chansons.

Voici la transcription, toute fraîche, de l’une d’elles et l’audio joint. Enregistrement sur Pathé saphir. Source : la Phonobase.

La Phonobase rassemble, décrit, et met à disposition les reproductions mp3 et les photos d’environ 12.000 enregistrements commerciaux initialement publiés sur disques et cylindres, en France, de 1888 à 1925 environ.

Parmi ces 12.000 fragments, plus de 1500 enregistrements parlés ou chantés sont transcrits en plein texte et facilement accessibles.

On trouvera aussi sur Hypothèses les toutes dernières mises à jour de la base.

Et cette chanson évoque aussi la rue des Martyrs à Paris IXe, à deux pas du musée !

Les femmes de Landru

composé par Albert Chantrier, chanté par Louis Boucot

sur disque 28,5cm Pathé (enregistrement acoustique)

 

{parlé}
J’arrive de Versailles, oui j’arrive de Versailles et je viens d’ voir le procès Landru, ah ! Ah ! quelle barbe ! Pas le procès, mais Landru ! J’ m’attendais à voir une barbe bleue, tout le monde l’appelle Barbe-Bleue, eh ! ben pas du tout, mais non ! Il a une barbe aussi noire que, comment dirais-je, que la barbe à taupin, quoi ! Eh ! je suis encore, j’ suis encore tout émotionné, écoutez, écoutez les grelots : [bruit de grelots] eh bien ! ça c’est une pièce à conviction, ce sont les grelots de la diligence de Gambais, oui. Ah ! J’ai vu là-bas, j’y ai reconnu un tas de Gambaiseurs et un tas de Gambaiseuses, oui. Ah ! d’ailleurs j’ vais vous donner mes impressions qui sont d’une actualité brûlante, si j’ose m’exprimer ainsi, hem !

{chanté}

Si je crois me le rappeler
La première qu’il ait fait brûler
C’était une nommée Margot
Une femme de derrière les fagots
C’est Jeannette qui lui succéda
On n’a retrouvé qu’ ses tibias
Comme dans la célèbre opérette
Y avait qu’ les os de Jeannette !

Les jambes de Jeannette
Lui servaient d’allumettes
Comme ça flambait comm’ du varech
Il allumait sa pipe avec
Les jambes de Margot
Remplaçaient les copeaux
Pour allumer son feu l’matin
Il s’en servait ah ! le gredin
Comme d’un margotin !

La douzième qu’il fit rôtir
Elle habitait rue des Martyrs
Ils commencèrent à flirter
À Pâques, place de la Trinité
Il l’emmena dans sa villa
Justement l’ jour du Mardi-Gras
En s’ disant dans ma salamandre
J’en f’rai l’mercredi, des cendres.

Les pieds d’ la pauvre petite
Lui servaient d’anthracite
Car cet espèce de vieux loufoc
Avec sa poule faisait du troc
Les cuisses et les bras
Il en a fait un tas
Pour chauffer son appartement
Sans même choisir il tapait d’dans
Comme dans du tout v’nant.

La dernière qui vint à Gambais
Fut la veuve d’un Sénégalais
Landru se dit – mais quel Chopin,
Brûler de la houille à taupin
Pendant qu’il la faisait griller
Tout’ la nuit ell’ s’ mit à crier
D’ailleurs elle s’appelait Thérèse
C’est elle qui crie quand on la braise

Comme c’était une négresse
Il s’ dit avec finesse
– Ses deux nichons c’est rigolo
J’vais en faire des boulets Bernot.
Le derrière d’ la pauvrette
J’vais en faire une briquette
Et comme briquette entre nous
Il ne lui manquait rien du tout
Y avait même les p’tits trous !

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