{"id":3472,"date":"2021-10-04T13:20:04","date_gmt":"2021-10-04T11:20:04","guid":{"rendered":"https:\/\/phonomuseum.fr\/?p=3472"},"modified":"2025-05-23T22:12:53","modified_gmt":"2025-05-23T20:12:53","slug":"les-createurs-et-creatrices-documentations-sonores-1901-1929","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/phonomuseum.fr\/les-createurs-et-creatrices-documentations-sonores-1901-1929\/","title":{"rendered":"Les cr\u00e9ateurs et cr\u00e9atrices : documentations sonores 1901-1929"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/phonomuseum.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Viktor-Maurel.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3474\" src=\"https:\/\/phonomuseum.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Viktor-Maurel.png\" alt=\"\" width=\"284\" height=\"398\" srcset=\"https:\/\/phonomuseum.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Viktor-Maurel.png 284w, https:\/\/phonomuseum.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Viktor-Maurel-214x300.png 214w\" sizes=\"auto, (max-width: 284px) 100vw, 284px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Victor Maurel dans le r\u00f4le de Iago (Otello)<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le vendredi 15 octobre 2021 s&rsquo;est tenu au PHONO Museum Paris une conf\u00e9rence d\u00e9di\u00e9e aux cr\u00e9ateurs et cr\u00e9atrices des r\u00f4les phares du grand r\u00e9pertoire lyrique au carrefour des XIXe et XXe si\u00e8cles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00c0 l&rsquo;instar de Rosa Ra\u00efsa <em>(la premi\u00e8re Turandot)<\/em> ou Victor Maurel <em>(cr\u00e9ateur d&rsquo;Iago et Falstaff)<\/em>, on pouvait y entendre des documents sonores accompagn\u00e9s par des images et notices biographiques sur Mary Garden, Maria Jeritza, Lotte Lehmann, Olive Fremstad, Selma Kurz, Lucien Muratore, Manuel Fleta, Mattia Battistini, Emma Calv\u00e9, Maurice Renaud, Lilli Lehmann, Francisque Delmas, Emmy Destinn, Francesco Tamagno,Olive Fremstad, Gemma Bellincioni, Fernando de Lucia, Elisabeth Rethberg, Richard Tauber, Gilda dalla Rizza.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La conf\u00e9rence a \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e par Stefano von Catalano, chef d&rsquo;orchestre. Le conservateur du mus\u00e9e, Jalal Aro, a aid\u00e9 dans la compr\u00e9hension de chaque technique d&rsquo;enregistrement, de la gravure cylindrique en cire, verticale ou lat\u00e9rale en gomme-laque aux pavillons en bois, m\u00e9tal ou cristal et toutes leurs qualit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voici le texte de cette conf\u00e9rence :<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\">oOo<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">On commence cette conf\u00e9rence avec un monument, la chanteuse allemande <a href=\"https:\/\/www.google.com\/imgres?imgurl=https:\/\/mahlerfoundation.org\/wp-content\/uploads\/2015\/01\/Lehmann2.jpg&amp;imgrefurl=https:\/\/mahlerfoundation.org\/mahler\/contemporaries\/lilli-lehmann\/&amp;tbnid=98QRw3zQDEeXkM&amp;vet=1&amp;docid=nlkjGEj1MSPFlM&amp;w=321&amp;h=492&amp;itg=1&amp;hl=fr-FR&amp;source=sh\/x\/im\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Lilli Lehmann<\/a>, dont Reynaldo Hahn disait \u00ab\u00a0<em>elle \u00e9tait la plus grande technicienne vocale de l&rsquo;histoire du chant\u00a0\u00bb<\/em>. Pour Richard Wagner, elle cr\u00e9a en 1876 trois r\u00f4les dans sa t\u00e9tralogie :<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Woglinde dans L&rsquo;Or du Rhin, Orthlinde dans La<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Walkyrie et l&rsquo;oiseau de for\u00eat dans Siegfried.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Seule chanteuse pouvant chanter en m\u00eale temps et avec r\u00e9ussite Lucia un soir suivi le lendemain par Br\u00fcnhilde, elle poss\u00e8de le r\u00e9pertoire le plus \u00e9tendu qui n&rsquo;ait jamais exist\u00e9 et nous laisse un trait\u00e9 sur le chant consid\u00e9r\u00e9 comme r\u00e9f\u00e9rence absolue.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>C&rsquo;est elle qui fonde le festival de Salzbourg en 1901. Ses disques sont rares car enregistr\u00e9s dans une s\u00e9rie \u00e0 un \u00e2ge <em>(58 ans)<\/em> o\u00f9 la plupart des sopranos avaient d\u00e9j\u00e0 arr\u00eat\u00e9 depuis 10 ans, mais Madame Lehmann comme vous voyez, n&rsquo;a rien de fr\u00eale et ni de d\u00e9licat et ses choix correspondent : de L&rsquo;enl\u00e8vement au S\u00e9rail de Mozart, le premier air torture de Constance : <i>Ach ich liebte<\/i>, 1907.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Avant Brigitte Bardot elle s&rsquo;est battue pour les droits des animaux. Parmi ses<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>derniers mots avant de mourir, \u00ab\u00a0<em>Pourquoi n&rsquo;ai-je plus de temps pour apprendre ? \u2026 L&rsquo;art est trop difficile et la vie trop courte.<\/em>\u00ab\u00a0<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Vient ensuite la cr\u00e9ation mondiale d&rsquo;Otello de Verdi en 1887, op\u00e9ra pour lequel on trouve deux protagonistes qui nous ont laiss\u00e9s des documents sonores exceptionnels de ces r\u00f4les.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>En Otello, la voix dite \u00ab\u00a0<em>le plus glorieux t\u00e9nor robusto de l&rsquo;histoire<\/em>\u00ab\u00a0, <a href=\"https:\/\/www.google.com\/imgres?imgurl=https:\/\/www.artlyriquefr.fr\/images\/Tamagno%25201903.jpg&amp;imgrefurl=https:\/\/www.artlyriquefr.fr\/personnages\/Tamagno%2520Francesco.html&amp;tbnid=5OcV17-XHYlSLM&amp;vet=1&amp;docid=pBznPweV2yuenM&amp;w=590&amp;h=800&amp;hl=fr-FR&amp;source=sh\/x\/im\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Francesco Tamagno<\/a>, choix voulu par Verdi et l&rsquo;air qui devient son cheval de bataille qu&rsquo;il chantera dans le monde entier jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort pr\u00e9matur\u00e9e \u00e0 54 ans. Pour Verdi, il cr\u00e9a aussi Gabriele Adorno dans la version r\u00e9vis\u00e9e de Simone Boccanegra en 1881 : <i>Ora e per sempre addio<\/i>, 1903.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Tant que Tamagno a \u00e9t\u00e9 un proche de Verdi, le baryton fran\u00e7ais <a href=\"https:\/\/www.google.com\/imgres?imgurl=https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/5\/5c\/Victor_Maurel-baritone-as_Iago.jpg&amp;imgrefurl=https:\/\/en.wikipedia.org\/wiki\/Victor_Maurel&amp;tbnid=O6FuwJWvZZ2kUM&amp;vet=1&amp;docid=CH2f_Nw9gb3LAM&amp;w=284&amp;h=399&amp;hl=fr-FR&amp;source=sh\/x\/im\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Victor Maurel<\/a>, qui cr\u00e9a pour lui le r\u00f4le de Iago, puis celui de Falstaff en 1893, entretenait des rapports beaucoup plus conflictuels avec le grand ma\u00eetre du lyrique italien, ceci \u00e0 cause d&rsquo;une arrogance d\u00e9bordante peu appr\u00e9ci\u00e9e. Toutefois le Marseillais, grand com\u00e9dien, \u00e9tait vu comme plus grand baryton verdien de son \u00e9poque, bien que ses coll\u00e8gues fran\u00e7ais Jean Lassalle et surtout Maurice Renaud avaient des voix plus impressionnantes. Parmi d&rsquo;autres r\u00f4les f\u00e9tiches qui contribuent \u00e0 sa renomm\u00e9e internationale, on cite souvent Don Giovanni de Mozart et Hamlet d&rsquo;Ambroise Thomas. En 1892 il rajoute \u00e0 son Palmar\u00e8s la cr\u00e9ation de Tonio en Pagliacci de Leoncavallo.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Ici il chante avec aplomb <i>Quando ero paggio<\/i>, tir\u00e9 de Falstaff, 1907.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Gemma Bellincioni a \u00e9t\u00e9 une des plus importantes chanteuses du XIXe si\u00e8cle. Avec la<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>roumaine Hariclea Darcl\u00e9e, la premi\u00e8re Tosca, dont r\u00e9cemment un enregistrement priv\u00e9 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9couvert et estim\u00e9 aux ench\u00e8res \u00e0 1.2 millions de dollars chez Southeby&rsquo;s, la Bellincioni partageait tout le r\u00e9pertoire de l&rsquo;\u00e9cole \u00ab\u00a0veriste\u00a0\u00bb, cr\u00e9ant Santuzza en Cavalleria Rusticana en 1890 ainsi que Fedora pour Giordano en 1898 avec le jeune Enrico Caruso. En 1906 elle est la premi\u00e8re Salom\u00e9 en Italie. Verdi \u00e9tait tr\u00e8s admiratif de son interpr\u00e9tation de Violetta \u00e0 La Scala en 1886, mais malgr\u00e9 ses compliments, le compositeur ne lui propose pas le r\u00f4le de Desdemona pour sa cr\u00e9ation d&rsquo;Otello l&rsquo;ann\u00e9e suivante, ceci peut-\u00eatre par rapport \u00e0 un style qui quitte pour toujours le soin de la ligne belcantiste.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Cette approche quasi improvis\u00e9e trouve son exemple dans l&rsquo;enregistrement de <i>Ah fors&rsquo;\u00e9 lui<\/i> qui date de 1903.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Son enregistrement de l&rsquo;air de Santuzza laisse perplexe car musicalement presque<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>incompr\u00e9hensible et se trouve sur YouTube. Madame Bellincioni<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>a aussi jou\u00e9 avec succ\u00e8s dans plusieurs films muets.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Ses disques donnent une id\u00e9e tr\u00e8s mitig\u00e9e de son art, son partenaire pour Fedora allait rapidement comprendre comment faire<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>pour que l&rsquo;enregistrement<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>devienne t\u00e9moignage du grand chant et moyen pour populariser l&rsquo;op\u00e9ra.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Enrico Caruso enregistre officiellement pour la premi\u00e8re fois dans une chambre d&rsquo;h\u00f4tel \u00e0 Milan en 1902. Pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 par son succ\u00e8s fulgurant en Fedora, puis la cr\u00e9ation de Maurizio dans Adriana Lecouvreur<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>la m\u00eame ann\u00e9e, ces deux s\u00e9ances allaient lancer sa<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>renomm\u00e9e internationale et encourager d&rsquo;autres grandes voix italiennes \u00e0 oser l&rsquo;exp\u00e9rience devant un pavillon.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Ces premiers pas n&rsquo;ont rien de la certitude et de la ma\u00eetrise du t\u00e9nor des t\u00e9nors que l\u2019on connaitra plus tard, mais Caruso prend ses rep\u00e8res et nous t\u00e9moigne d&rsquo;une douceur non-barytonale qui marque ses d\u00e9buts.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>En publicit\u00e9, on se sert toujours d&rsquo;une photo prise en 1892 montrant le t\u00e9nor drap\u00e9 d&rsquo;une couverture de lit utilis\u00e9e in extremis puisque sa seule chemise \u00e9tait \u00e0 la laverie.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span><i>Amor ti vieta<\/i>, le tube de Fedora, avec le compositeur au piano.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">On reviendra plus tard \u00e0 ce t\u00e9nor tant aim\u00e9, mais tout d&rsquo;abord, une expatri\u00e9e en Russie, Medea Mei-Figner, Figner pour son mari t\u00e9nor Nikola\u00ef<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Figner. Quittant Florence en 1887 apr\u00e8s avoir commenc\u00e9 un belle carri\u00e8re en mezzo-soprano, puis rajoutant de plus en plus des r\u00f4les de soprano, elle s&rsquo;installe \u00e0 Saint Petersburg avec son mari, rencontr\u00e9 d&rsquo;ailleurs en Am\u00e9rique du Sud pendant une production de \u00ab\u00a0Favorite\u00a0\u00bb. Pendant 15 ans ils deviennent le couple artistique incontournable en Russie Imp\u00e9riale, jouant presque toujours ensemble sur sc\u00e8ne. En 1888, elle rencontre Tchaikowski afin de lui demander des conseils dans la pr\u00e9paration d&rsquo;Eug\u00e8ne Onegin. Le compositeur \u00e9coute et boulevers\u00e9<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>lui dit de ne rien changer, car elle incarne la Tatyana qu&rsquo;il aurait toujours voulu. Toute de suite, il lui confie la cr\u00e9ation de Lisa dans la Dame de Pique en 1890, puis Iolanta en 1892, les Figners faisant depuis partie de son cercle intime d&rsquo;amis. En 1900 elle sera la premi\u00e8re Mimi en Russie apr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 le r\u00f4le avec Puccini. Ses disques sont extr\u00eamement rares : ici on l&rsquo;\u00e9coute dans un r\u00f4le qu&rsquo;elle chante depuis ses d\u00e9buts de carri\u00e8re, Carmen.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">En m\u00eame temps que Mei-Figner fait sensation au Marinsky, Giuseppe Borgatti se d\u00e9voile comme le<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>plus grand \u00ab\u00a0heldent\u00e9nor\u00a0\u00bb italien de tous les temps. Avant d&rsquo;\u00eatre choisi par Toscanini pour incarner le premier Siegfried en Italie en 1899, il cr\u00e9a le r\u00f4le d&rsquo;Andrea Ch\u00e9nier \u00e0 La Scala, rempla\u00e7ant aux pieds lev\u00e9s Alfonso Garulli<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>en 1896, d\u00e9montrant une puissance barytonale jusqu&rsquo;alors uniquement associ\u00e9e avec les t\u00e9nors h\u00e9ro\u00efques allemands.Son succ\u00e8s est tel qu&rsquo;en 1904 il sera le premier t\u00e9nor italien invit\u00e9 \u00e0 se produire \u00e0 Bayreuth. Ici il chante le r\u00e9cit de Lohengrin qui provoque le cataclysme de la sc\u00e8ne finale, 1919.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">La carri\u00e8re de M. Borgatti a \u00e9t\u00e9 coup\u00e9e nette en 1914, o\u00f9, \u00e0 la suite d&rsquo;une maladie, il est devenu aveugle.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Il continuait \u00e0 enregistrer puis \u00e0 enseigner jusqu&rsquo;\u00e0 sa mort.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Maintenant on passe \u00e0 la cr\u00e9ation qui annonce la \u00ab\u00a0French Connection\u00a0\u00bb, L&rsquo;amico Fritz de Mascagni.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Pour cr\u00e9er son h\u00e9ro\u00efne<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Suzel en 1891, Mascagni choisit Emma Calv\u00e9, ph\u00e9nom\u00e8ne de la Belle Epoque, consid\u00e9r\u00e9e comme la plus grande Carmen de tous les temps, r\u00f4le qu&rsquo;elle chante mille fois dans le monde entier.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Devenue personnage mythique d&rsquo;un rare dynamisme, Massenet \u00e9crit la Navarraise pour elle en 1894 ainsi que Sapho en 1897. Afin de soutenir l&rsquo;entr\u00e9e des forces am\u00e9ricaines dans la Premi\u00e8re guerre mondiale, elle chante la Marseillaise devant 30 000 personnes enthousiasm\u00e9es<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\u00e0 New York. D&rsquo;une g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 excessive , apr\u00e8s avoir men\u00e9 une vie de reine, elle meurt compl\u00e8tement d\u00e9munie d&rsquo;une cirrhose du foie en 1942. Ses disques ont tendance \u00e0 d\u00e9cevoir tant elle avait besoin de public pour activer sa magie, en revanche son enregistrement de <i>Il est doux, il est bon<\/i> de Massenet&rsquo;s H\u00e9rodiade nous donne une petite id\u00e9e,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>1908.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Le partenaire de Calv\u00e9 pour \u00ab\u00a0L&rsquo;amico Fritz\u00a0\u00bb \u00e9tait Fernando de Lucia, t\u00e9nor f\u00e9tiche \u00e0 qui Mascagni confie par la suite les cr\u00e9ations de I Rantzau, Silvano, et Iris. Aujourd&rsquo;hui consid\u00e9r\u00e9 comme \u00e9tant grand belcantiste, presque tous ses succ\u00e8s de l&rsquo;\u00e9poque ont \u00e9t\u00e9 dans le r\u00e9pertoire v\u00e9riste; il sera le premier Canio en Pagliacci \u00e0 Londres, et on lui demande de chanter aux fun\u00e9railles de Caruso. D&rsquo;une voix courte et pas particuli\u00e8rement puissante, il se r\u00e9v\u00e8le dans la ma\u00eetrise des nuances et d&rsquo;un phras\u00e9 \u00e0 l&rsquo;ancienne, enregistrant un bonne partie de ses disques en-dessous de la tonalit\u00e9 d&rsquo;origine, comme dans son <i>Je crois d&rsquo;entendre encore<\/i> de 1906.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Avec ce professeur de Georges Thill, on passe en France au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>1902 voit la France musicalement propuls\u00e9e dans l&rsquo;\u00e9poque moderne avec la cr\u00e9ation de Pell\u00e9as et M\u00e9lisande.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Contest\u00e9e par Maeterlinck<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>mais nullement par Debussy, c&rsquo;est l&rsquo;\u00e9cossaise <a href=\"https:\/\/www.google.com\/imgres?imgurl=https:\/\/upload.wikimedia.org\/wikipedia\/commons\/thumb\/1\/18\/Mary_Garden_in_Debussy%2527s_Pell%25C3%25A9as_et_M%25C3%25A9lisande_2.jpg\/220px-Mary_Garden_in_Debussy%2527s_Pell%25C3%25A9as_et_M%25C3%25A9lisande_2.jpg&amp;imgrefurl=https:\/\/fr.wikipedia.org\/wiki\/Mary_Garden&amp;tbnid=4DhXBlW5QBOjlM&amp;vet=1&amp;docid=WPhrZsqTwps6lM&amp;w=220&amp;h=264&amp;hl=fr-FR&amp;source=sh\/x\/im\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Mary Garden<\/a> qui incarne M\u00e9lisande.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Appel\u00e9e la \u00ab\u00a0Sarah Bernhardt du lyrique\u00a0\u00bb<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>ses plus grandes cr\u00e9ations seront selon elle \u00ab\u00a0des cr\u00e9atures spirituelles\u00a0\u00bb, parmi lesquelles elle compte M\u00e9lisande, Tha\u00efs, et le r\u00f4le de Massenet qu&rsquo;elle cr\u00e9a en Am\u00e9rique, Jean, dans Le Jongleur de N\u00f4tre-Dame. Ecrit pour t\u00e9nor, ce n&rsquo;est pas Massenet, mais le baryton Maurice Renaud qui insiste pour que Garden chante le r\u00f4le en version soprano afin d&rsquo;appuyer sur<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>l&rsquo;innocence du personnage. Le succ\u00e8s sera retentissant, et malgr\u00e9 le plaisir qu&rsquo;elle aura \u00e0 cr\u00e9er Ch\u00e9rubin pour Massenet en 1905, r\u00f4le sp\u00e9cialement \u00e9crit pour elle, c&rsquo;est le petit jongleur qui restera son exp\u00e9rience la plus touchante. <i>Libert\u00e9<\/i> de 1911.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">La contralto Jeanne Gr\u00e9ville-R\u00e9ache artageait la sc\u00e8ne avec Mary Garden dans le r\u00f4le de Genevi\u00e8ve lors de la cr\u00e9ation de Pell\u00e9as.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Sa carri\u00e8re se lance gr\u00e2ce aux efforts de Emma Calv\u00e9 et Pauline Garcia-Viardot en 1899. Suite \u00e0 une dispute avec Albert Carr\u00e9, elle quitte l&rsquo;Op\u00e9ra-comique pour Bruxelles et Londres, et, \u00e0 partir de 1907, devient tr\u00e8s populaire au Manhattan Op\u00e9ra de New York, o\u00f9 elle d\u00e9fend brillamment tout le r\u00e9pertoire fran\u00e7ais, en particulier les r\u00f4les de Dalila, Charlotte et Carmen, un peu le pendant de Marie Delna \u00e0 Paris. Dot\u00e9e d&rsquo;une \u00ab\u00a0des plus belles voix du si\u00e8cle\u00a0\u00bb selon Oxford, cette \u00e9toile filante meurt subitement \u00e0 l&rsquo;\u00e2ge de 32 d&rsquo;une intoxication alimentaire. Enceinte de six mois, son agonie emporte \u00e9galement l&rsquo;enfant.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\u2554coutons Mme. Gerville-R\u00e9ache dans l&rsquo;air des pleurs tir\u00e9 de Werther de Jules Massenet, 1909.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Maurice Renaud a joui d&rsquo;un r\u00e9putation internationale pour la grande beaut\u00e9 de sa voix de baryton ainsi que pour la ma\u00eetrise de son jeu.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Il a particip\u00e9 \u00e0 plusieurs cr\u00e9ations d&rsquo;op\u00e9ras assez populaires au d\u00e9but du si\u00e8cle mais depuis tomb\u00e9s dans l&rsquo;oubli, comme Sigurd de Reyer en 1884 ou Salammb\u00f4 en 1890 du m\u00eame compositeur.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Ses cr\u00e9ations pour Massenet dans Le Jongleur de Notre-Dame 1902 ou Ch\u00e9rubin avec Mary Garden 1905 contribuent \u00e0 faire jouer ces \u0153uvres dans le monde entier, car il suivra Garden aux Etats-Unis en 1907 avec Athana\u00ebl en Tha\u00efs. Son interpr\u00e9tation de M\u00e9phisto dans la premi\u00e8re mise en sc\u00e8ne de la Damnation de Faust de Berlioz en 1893 compl\u00e8te son palmar\u00e8s.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Les \u00e9loges de Garden \u00e0 son \u00e9gard sont sans bornes en ce qui concerne l&rsquo;artiste; toutefois elle reste r\u00e9serv\u00e9e par rapport \u00e0 son manque de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 sur sc\u00e8ne. Ses disques sont rares; ici un des r\u00f4les wagnerien qu&rsquo;il chantait en fran\u00e7ais, Wolfram et sa Romance de l&rsquo;\u00e9toile tir\u00e9 de Tannh\u00e4user, 1903.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Maintenant un vraie raret\u00e9 pour clore la partie fran\u00e7aise, car nulle part au monde sauf dans cette pi\u00e8ce.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Georgette Br\u00e9jean-Silver, cr\u00e9atrice de la f\u00e9e dans Cendrillon de Massenet en 1899 et pour laquelle le compositeur, tellement convaincu par son interpr\u00e9tation de Manon, \u00e9crit une gavotte alternative dans la sc\u00e8ne cour la reine, connue sur le titre Fabliau.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>D\u00e9c\u00e9d\u00e9e \u00e0 Neuilly en 1951, le conservateur du PHONO Museum Paris Jalal Aro, a pu r\u00e9cup\u00e9rer quelques titres de ses descendants qu&rsquo;elle a refus\u00e9 de faire publier, le pr\u00e9cisant bien avec NON mentionn\u00e9 sur le disque !<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\u00c9coutons de Tha\u00efs, <i>Qui te fait si s\u00e9v\u00e8re<\/i>, 1905.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">La cr\u00e9ation mondiale de Butterfly \u00e0 La Scala 1904 fut un des pires fiascos dans l&rsquo;histoire de l\u2019art<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>lyrique italien.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Malgr\u00e9 des \u00e9loges de l&rsquo;orchestre d\u00e8s la premi\u00e8re r\u00e9p\u00e9tition et une distribution de r\u00eave, l&rsquo;augmentation exag\u00e9r\u00e9e du prix des places et d&rsquo;autres facteurs inexplicables ont men\u00e9 au d\u00e9sastre. Un public remont\u00e9 n&rsquo;h\u00e9sitait pas \u00e0 participer \u00e0 l&rsquo;\u00e9v\u00e9nement, un spectateur criant au moment o\u00f9 une bouff\u00e9e d&rsquo;air arrive de derri\u00e8re les coulisses et fait gonfler le kimono de la h\u00e9ro\u00efne : \u00ab\u00a0<i>Cio-cio san est enceinte<\/i>!\u00a0\u00bb Bien s\u00fbr lorsqu&rsquo;elle revient au moment cl\u00e9 du deuxi\u00e8me acte montrant l&rsquo;enfant n\u00e9 depuis le d\u00e9part de Pinkerton, le pand\u00e9monium commen\u00e7a : hurlements vulgaires, rires hyst\u00e9riques, sifflements &#8212;le cirque continua jusqu&rsquo;\u00e0 la fin du spectacle, la salle r\u00e9pondant aux chants d&rsquo;oiseaux dans<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>l&rsquo;orchestre avec des grognements de cochons et d&rsquo;autres interventions grotesques.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Rosina Storchio, artiste tant<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>aim\u00e9e de l&rsquo;\u00e9poque, n&rsquo;arrivait plus \u00e0 chanter la sc\u00e8ne finale tellement elle pleurait.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Elle avait d\u00e9j\u00e0 cr\u00e9e pour Leoncavallo Musetta dans sa \u00ab\u00a0Boh\u00e8me\u00a0\u00bb 1897 et Zaza en 1900, ainsi que Siberia pour Giordano en 1903, mais dans bien d&rsquo;autres conditions.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">On l&rsquo;entend dans son r\u00e9pertoire de pr\u00e9dilection, le Bel Canto, chanter \u00ab\u00a0<i>O luce di quest&rsquo;anima<\/i> \u00a0\u00bb de Donizetti, 1905.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">La Scala retire Butterfly de suite et Puccini \u00e9crit \u00e0 Ricordi qu&rsquo;il se sent comme un criminel, mais on verra avec le temps.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Il r\u00e9vise l&rsquo;\u0153uvre en coupant presque 45 minutes et r\u00e9am\u00e9nageant en trois actes. Trois mois plus tard on organise dans le petit th\u00e9\u00e2tre de Brescia un reprise avec celle dont Puccini dira plus tard \u00ab\u00a0<i>elle a sauv\u00e9 ma Butterfly<\/i>\u00ab\u00a0, la soprane ukrainienne Salomea Kruscelnytska. Cette grande chanteuse, prot\u00e9g\u00e9e de Gemma Bellincioni,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>avec laquelle on se disait privil\u00e9gi\u00e9 de partager la sc\u00e8ne, avait une voix immense et souple, et cr\u00e9a Elektra de Strauss en Italie en<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>1910, d&rsquo;o\u00f9 apr\u00e8s le succ\u00e8s fulgurant de la r\u00e9vision de Butterfly, une \u00e9volution s&rsquo;est produite dans deux types de voix associ\u00e9es avec le r\u00f4le, Butterfly lyrique comme Storchio, qui a repris le r\u00f4le \u00e0 La Scala et le chantait jusqu&rsquo;\u00e0 la fin de sa carri\u00e8re,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>et dramatique, de notre \u00e9poque bien d\u00e9montr\u00e9 par une Butterfly de Moffo versus celle de Leontyne Price.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\u00c9coutons Salomea Kruscelnytska dans Puccini, cette fois-ci \u00ab\u00a0Vissi d&rsquo;arte\u00a0\u00bb de Tosca, 1903.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Celui qui a pris le r\u00f4le du Consul Sharpless dans les deux versions de Butterfly \u00e9tait le baryton italian \u00e0 qui on accr\u00e9dite une des plus longues carri\u00e8res du lyrique, d\u00fb \u00e0 une technique et stabilit\u00e9 personnelle infaillible, Giuseppe de Luca. En 1902 il cr\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Caruso et Angelica Pandolfini<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>le r\u00f4le de Michonnet dans Adriana Lecouvreur. Sharpless l&rsquo;am\u00e8nera \u00e0 Londres en 1905 et il couronna ses cr\u00e9ations avec celle de Gianni Schicchi au Metropolitan Opera de New York en 1918.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Il chantera sans jamais affaiblir ses moyens pendant 50 ans avant de devenir professeur au Juilliard de New York. Ici on l&rsquo;entend avec l&rsquo;autre c\u00e9l\u00e8bre chanteur dot\u00e9<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>d&rsquo;un legato d&rsquo;une perfection presque in\u00e9gal\u00e9e, Bengiamino Gigli , en 1930 : \u00ab\u00a0Ah Mimi tu pi\u00f9 non torni\u00a0\u00bb de \u00ab\u00a0La Boh\u00e8me\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">La premi\u00e8re Butterfly \u00e0 Londres<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>sur sc\u00e8ne avec Giuseppe de Luca en 1905 sera la soprano<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>tch\u00e8que qui, en prot\u00e9g\u00e9e de Cosima Wagner, avait d\u00e9j\u00e0 eu un \u00e9norme succ\u00e8s \u00e0 Bayreuth en Senta, 1901, Emmy Destinn.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Suite \u00e0 sa Butterfly \u00e0 Londres, Richard Strauss lui demande de cr\u00e9er Salom\u00e9 pour Berlin et Paris, rest\u00e9 sur sa faim avec Marie ou \u00ab\u00a0tante\u00a0\u00bb Wittich, qui trouva le r\u00f4le trop ind\u00e9cent. Destinn triomphe avec A\u00efda au Met 1907 et \u00e0 Paris, puis cr\u00e9a au Met avec Caruso, La Fanciulla del West en 1910. Ils restent proches, et le chagrin de Caruso et immense lorsqu&rsquo;elle sera assign\u00e9e<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\u00e0 domicile avec interdiction de quitter Prague par les autorit\u00e9s autrichiennes pendant toute la premi\u00e8re guerre mondiale.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>L&rsquo;ampleur et puret\u00e9 de sa voix, tr\u00e8s difficile \u00e0 enregistr\u00e9e, se retrouve capt\u00e9e sur peu de disques. Ici on l&rsquo;entend dans la Valse de Musette, \u00ab\u00a0La Boh\u00e8me\u00a0\u00bb1911.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Puisque Caruso chantait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;Emmy Destinn pour la cr\u00e9ation de Fanciulla mais \u00e9trangement, apr\u00e8s avoir enregistr\u00e9 quasi tout le r\u00e9pertoire possible pour t\u00e9nor, ne laissera m\u00eame pas l&rsquo;adieu de Dick Johnson pour la post\u00e9rit\u00e9, on vous propose une raret\u00e9, sa toute premi\u00e8re version de <i>Vesti la giubba<\/i> de Pagliacci, ni 1904, ni 1908 qui se sont vendues comme des petits pains, mais celle de 1902 \u00e0 Milan, la plus f\u00e9roce et d\u00e9chirante. Enrico Caruso.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">On aurait pens\u00e9 logique qu&rsquo;en 1907, Destinn fasse la cr\u00e9ation am\u00e9ricaine de Salom\u00e9 apr\u00e8s Berlin et Paris, mais finalement c&rsquo;est la su\u00e9doise Olive Fremstad, \u00e9l\u00e8ve de Lilli Lehmann, qui portera cette lourde t\u00e2che et le scandale sera total. Dans son z\u00e8le de pr\u00e9paration, Fremstad a demand\u00e9 aux pompes fun\u00e8bres de New York de pouvoir porter une vraie t\u00eate tranch\u00e9e afin de v\u00e9rifier combien elle devrait chanceler<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>sous son poids sur sc\u00e8ne. \u00c9videmment son interpr\u00e9tation r\u00e9aliste a tellement choqu\u00e9 le public que l&rsquo;op\u00e9ra est banni pendant 17 ans du Met. Commen\u00e7ant en mezzo, Fremstad est devenue avec Gadski et Nordica une des grandes soprano wagn\u00e9riennes de l&rsquo;\u00e9poque. Lorsqu&rsquo;elle quitte la sc\u00e8ne et s&rsquo;essaie \u00e0 la p\u00e9dagogie, mais sa pratique d&rsquo;initiation qui consistait en montrant une t\u00eate humaine d\u00e9chiquet\u00e9e dans un bocal rempli de formol afin d&rsquo;\u00e9tudier le larynx et cordes vocales a d\u00fb tellement horrifier ses \u00e9l\u00e8ves potentiels que cela a \u00e9t\u00e9 sans suite. Interrog\u00e9e, elle a r\u00e9pondu incr\u00e9dule qu&rsquo;il s&rsquo;agissait d&rsquo; une premi\u00e8re \u00e9preuve afin de voir si l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve avait l&rsquo;\u00e9toffe pour faire carri\u00e8re ! Elle a laiss\u00e9 peu de documents sonores, mais de la chanson \u00ab\u00a0Long, long ago\u00a0\u00bb de 1911 nous t\u00e9moigne qu&rsquo;apr\u00e8s plus que 200 apparitions en Br\u00fcnhilde, Kundry, Venus, Sieglinde, Elsa et Isolde elle \u00e9tait capable de nous livrer un bel hommage \u00e0 son professeur de par la puret\u00e9, beaut\u00e9 et aisance de son \u00e9mission. Olive Fremstad.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 toute l&rsquo;admiration que Puccini portait envers Emmy Destinn, il a d\u00e9clar\u00e9 avoir trouv\u00e9 sa Mimi id\u00e9ale dans la voix de Gilda dalla Rizza, lui confiant la cr\u00e9ation du r\u00f4le de Magda dans \u00ab\u00a0La Rondine\u00a0\u00bb en 1917. Elle cr\u00e9a Suor Angelica et Lauretta en Gianni Schicchi en Europe deux ans plus tard. Elle est rest\u00e9e la soprano pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de Puccini, pr\u00e9vue pour Li\u00f9 en Turandot, mais \u00e0 la cr\u00e9ation en 1926, sa voix \u00e9tait devenue trop lourde.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Document qui montre une voix charnue et puissante mais souple, \u00ab\u00a0L&rsquo;altra notte in fondo al mare\u00a0\u00bb de Mefistofele d&rsquo;Arrigo Boito, 1924, ann\u00e9e de la mort de Puccini. Gilda dalla Rizza.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">On repasse une derni\u00e8re fois en France, avec le t\u00e9nor le plus populaire de sa g\u00e9n\u00e9ration, Lucien Muratore.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Cr\u00e9ateur de plusieurs r\u00f4les, aucun qui a int\u00e9gr\u00e9 dans le r\u00e9pertoire, on cite Ariane et Bacchus de Massenet, Roma du m\u00eame, D\u00e9janire de Camille Saint-Sa\u00ebns, et P\u00e9n\u00e9lope de Faur\u00e9. D\u00e9couvert par Emma Calv\u00e9, il d\u00e9bute avec elle dans La Carm\u00e9lite de Hahn en 1902. Dot\u00e9 d&rsquo;une voix brillante avec expressivit\u00e9 intense, il est invit\u00e9 par Mary Garden \u00e0 Chicago o\u00f9 il triomphe comme partout. En 1931 il quitte l&rsquo;op\u00e9ra et redevient com\u00e9dien, exactement comme il avait commenc\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Od\u00e9on en partenaire de Sarah Bernhardt et R\u00e9jane avant de se prendre conscience de ses moyens vocaux.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Ici un de ses tout premier cylindres, la chanson \u00e0 boire de , chant\u00e9 en fran\u00e7ais, 1903.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Bref virage en Autriche avant de finir avec Turandot,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>r\u00f4le que ces deux sopranos ont chant\u00e9 avec un<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\u00e9norme succ\u00e8s.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.google.com\/imgres?imgurl=https:\/\/www.artlyriquefr.fr\/images\/Tamagno%25201903.jpg&amp;imgrefurl=https:\/\/www.artlyriquefr.fr\/personnages\/Tamagno%2520Francesco.html&amp;tbnid=5OcV17-XHYlSLM&amp;vet=1&amp;docid=pBznPweV2yuenM&amp;w=590&amp;h=800&amp;hl=fr-FR&amp;source=sh\/x\/im\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Maria Jeritza<\/a> et Lotte Lehmann. Jeritza a m\u00eame cr\u00e9e Turandot au Met, donc on commence avec elle. La \u00ab\u00a0<i>bombe de Moravie<\/i>\u00a0\u00bb comme on l&rsquo;appelait a \u00e9t\u00e9 choisi par Strauss pour cr\u00e9er son Ariane \u00e0 Naxos dans la premi\u00e8re version de 1912 (ce qu&rsquo;elle d\u00e9crit comme \u00ab\u00a0<i>compl\u00e8tement chiant<\/i>\u00ab\u00a0) et la r\u00e9vision de 1916, dans laquelle la jeune Lotte Lehmann dans le r\u00f4le sera r\u00e9v\u00e9l\u00e9e.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>A partir de ce moment les deux vont se d\u00e9tester \u00e0 vie. L&rsquo;\u00e9lectricit\u00e9 est palpable sur sc\u00e8ne donc Strauss et les directeurs de l&rsquo;op\u00e9ra de Vienne essaient le plus souvent possible de les programmer ensemble. Elles vont cr\u00e9er \u00ab\u00a0La Femme sans ombre\u00a0\u00bb pour lui en 1919, Jeritza l&rsquo;imp\u00e9ratrice et Lehmann la femme.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Les d\u00e9buts de Jeritza en Tosca au Met seront sensationnels et les premi\u00e8res am\u00e9ricaines de non seulement Turandot, mais Jenufa de Janacek, Tote Stadt de Korngold et \u00c4gyptische Helena de Strauss lui seront confi\u00e9es. Com\u00e9dienne d&rsquo;un instinct et<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>charisme hors pair, Tosca pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de Puccini, dot\u00e9e d&rsquo;une voix volumineuse de grande beaut\u00e9, il est quasiment impossible de s&rsquo;imaginer son effet sur sc\u00e8ne \u00e0 partir de ses disques vides d&rsquo;\u00e9motion ; elle avait besoin d&rsquo;un public, sinon elle s&rsquo;ennuyait vite. Ici la pri\u00e8re d&rsquo;Elisabeth, \u00ab\u00a0Allm\u00e4chtige Jungfrau\u00a0\u00bb, enregistr\u00e9 en 1927.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Lotte Lehmann, dont la beaut\u00e9 vocale n&rsquo;avait rien \u00e0 envier \u00e0 Mme. Jeritza, reste toutefois une artiste d&rsquo;un autre genre. Poss\u00e9d\u00e9e par la justesse du phras\u00e9, de l&rsquo;expression, de l&rsquo;humanisme dans la musique, elle reste une interpr\u00e8te privil\u00e9gi\u00e9e de Strauss, qui lui confie aussi la cr\u00e9ation de son Intermezzo en 1924, et la premi\u00e8re \u00e0 Vienne d&rsquo;Arabella en 1933. Elle sera aussi la premi\u00e8re Turandot \u00e0 Vienne et la Suor Angelica pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de Puccini, ainsi que probablement la plus c\u00e9l\u00e8bre Marschallin du XXe si\u00e8cle. D\u00e8s les ann\u00e9es 30, elle se sp\u00e9cialise dans le Lied devenant<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>une de ses<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>plus grandes interpr\u00e8tes. Elle \u00e9crit des nombreuses \u0153uvres sur l&rsquo;interpr\u00e9tation et fonde l&rsquo;Acad\u00e9mie de Musique de l&rsquo;Ouest \u00e0 Santa Barbara, o\u00f9 elle d\u00e9c\u00e8de en 1976. Sur sa tombe \u00e0 Vienne est une citation de Strauss : \u00ab\u00a0<i>Sie hat gesungen, dass es Sterne r\u00fchrte<\/i>\u00a0\u00bb (Quand elle chantait, les \u00e9toiles \u00e9taient \u00e9mues). Ici dans son autre r\u00f4le phare, Leonore de Beethoven, 1927.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\"><a href=\"https:\/\/www.google.com\/imgres?imgurl=https:\/\/lookaside.fbsbx.com\/lookaside\/crawler\/media\/?media_id%3D2017537901689369&amp;imgrefurl=https:\/\/www.facebook.com\/GhenaDimitrovaBulgarianSoprano\/posts\/rosa-raisa-la-prima-turandot-teatro-alla-scala-25041926\/2017538761689283\/&amp;tbnid=svLBCpbh7yILOM&amp;vet=1&amp;docid=KcDqbMJgjwSPyM&amp;w=498&amp;h=800&amp;hl=fr-FR&amp;source=sh\/x\/im\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Rosa Raisa<\/a>, soprano russo-polonaise, avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite par Toscanini comme une \u00ab\u00a0<i>Tamagno femelle<\/i>\u00ab\u00a0, la voix tellement puissante que les critiques en Am\u00e9rique ainsi qu\u2019en Europe affirmaient ne jamais avoir entendu une chose pareille.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Elle chante Francesca da Rimini de Zandonai un mois apr\u00e8s sa cr\u00e9ation \u00e0 La Scala et Puccini l&rsquo;entend. Tr\u00e8s impressionn\u00e9 il revient lorsqu&rsquo;elle chante la cr\u00e9ation mondiale de Nerone, oeuvre posthume de Boito en 1924. Il lui dit qu&rsquo;il travaille sur quelque chose pour elle; sa r\u00e9action est qu&rsquo;elle esp\u00e8re qu&rsquo;il y mette pleins de contre-ut ! La distribution est annonc\u00e9e en 1924 mais Puccini meurt et 2 ans doivent s\u2019\u00e9couler avant que l&rsquo;\u0153uvre soit achev\u00e9e par Alfano. Enfin en 1926 Raisa cr\u00e9a un deuxi\u00e8me r\u00f4le posthume, Turandot, en 1926. Elle l&rsquo;abandonna peu de temps apr\u00e8s,<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>commen\u00e7ant \u00e0 sentir son d\u00e9clin vocal. Aucun des disques de Rosa Raisa ne r\u00e9ussit \u00e0 capter l&rsquo;immensit\u00e9 des volumes qu&rsquo;elle produisait; toutefois on ne pouvait pas la mettre directement devant le micro, la pla\u00e7ant souvent au milieu de l&rsquo;orchestre ! En tout cas la voix partait en fl\u00e8che, comme en t\u00e9moigne ce disque du Miserere tir\u00e9 de Trovatore de 1921.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">On termine avec le premier \u00e0 avoir chant\u00e9 \u00ab\u00a0Nessun Dorma\u00a0\u00bb, le grand t\u00e9nor espagnol Miguel Fleta.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Au sommet de sa gloire apr\u00e8s avoir cr\u00e9\u00e9 Romeo pour Zandonai \u00e0 Rome dans<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Giulietta e Romeo, 1922, Toscanini insiste pour qu&rsquo;il soit pris pour la cr\u00e9ation posthume de Turandot, malgr\u00e9 leur altercation \u00e0 l&rsquo;occasion de ses d\u00e9buts \u00e0 La Scala en Duca, lorsque Toscanini refusa de lui permettre des cadences trop \u00e9labor\u00e9es.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Ce sera la cons\u00e9cration de sa carri\u00e8re, m\u00eame s&rsquo;il l&rsquo;abandonne juste apr\u00e8s, jugeant le r\u00f4le trop lourd.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Luciano Pavarotti fera la m\u00eame chose 50 ans plus tard, retenant uniquement le c\u00e9l\u00e8bre air, que malheureusement Fleta n\u2019a jamais enregistr\u00e9. En revanche, il nous laisse en t\u00e9moignage de son art l&rsquo;ann\u00e9e de son Romeo pour Zandonai une des plus belles versions jamais mise sur disque de l&rsquo;air de la fleur de Carmen. Miguel Fleta.<\/p>\n<p class=\"p1\" style=\"text-align: justify;\">Gr\u00e2ce aux dons hors du commun et personnalit\u00e9s affirm\u00e9es, parfois exacerb\u00e9es de ces interpr\u00e8tes, les grands compositeurs \u00e0 la fin du XIXe si\u00e8cle comme tant d&rsquo;autres avant eux, ont trouv\u00e9 une inspiration suppl\u00e9mentaire, leur permettant de donner naissance \u00e0 des chefs d&rsquo;\u0153uvre incontest\u00e9s.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Ils m\u00e9ritent toute notre reconnaissance.<\/p>\n<p class=\"p3\" style=\"text-align: center;\">\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014\u2014<\/p>\n<p>Liste des artistes et airs ayant fait l&rsquo;objet d&rsquo;une audition pendant la conf\u00e9rence<\/p>\n<p class=\"p1\"><strong><span class=\"s1\">Artistes<\/span> &#8211; <span class=\"s1\">Oeuvres &#8211;\u00a0<\/span> <span class=\"s1\">Compositeurs &#8211;\u00a0<\/span> <span class=\"s1\">Air &#8211;\u00a0<\/span> Date<\/strong><\/p>\n<p class=\"p1\">Lilli Lehmann &#8211; L&rsquo;enl\u00e8vement au S\u00e9rail &#8211; W.A Mozart &#8211; <em>Ach ich liebte<\/em> &#8211; 1907<\/p>\n<p class=\"p1\">Francesco Tamagno &#8211; Otello &#8211; G. Verdi &#8211; <em>Ora e per sempre addio<\/em> &#8211; 1903<\/p>\n<p class=\"p1\">Victor Maurel &#8211; Falstaff &#8211; G. Verdi &#8211; <em>Quando ero paggio<\/em> &#8211; 1907<\/p>\n<p class=\"p1\">Gemma Bellincioni &#8211; La Traviata &#8211; G. Verdi &#8211; <em>Ah fors&rsquo;\u00e9 lui<\/em> &#8211; 1903<\/p>\n<p class=\"p1\">Enrico Caruso &#8211; Fedora &#8211; U. Giordano &#8211; <em>Amor ti vieta<\/em><\/p>\n<p class=\"p1\">Giuseppe Borgatti &#8211; Lohengrin &#8211; R. Wagner &#8211; 1919<\/p>\n<p class=\"p1\">Emma Calv\u00e9 &#8211; Herodiade &#8211; J. Massenet &#8211; <em>Il est doux, il est bon<\/em> &#8211; 1908<\/p>\n<p class=\"p1\">Fernando de Lucia &#8211; Les p\u00eacheurs de perles &#8211; G. Bizet &#8211; <em><span class=\"s2\">Je crois d&rsquo;entendre encore &#8211; <\/span><\/em>1906<\/p>\n<p class=\"p1\">Mary Garden &#8211; Le jongleur de Notre-Dame &#8211; J. Massenet &#8211; <em>Libert\u00e9<\/em> &#8211; 1911<\/p>\n<p class=\"p1\">Jeanne Gr\u00e9ville-R\u00e9ache &#8211; Werther &#8211; J. Massenet &#8211; <em>L\u2019air des pleurs<\/em> &#8211; 1909<\/p>\n<p class=\"p1\">Maurice Renaud &#8211; Tannh\u00e4user &#8211; R. Wagner &#8211; <em>Romance de l\u2019\u00e9toile<\/em> &#8211; 1903<\/p>\n<p class=\"p1\">Georgette Br\u00e9jean-Silver &#8211; Tha\u00efs &#8211; J. Massenet &#8211; <em>Qui te fait si s\u00e9v\u00e8re<\/em> &#8211; 1905<\/p>\n<p class=\"p1\">Rosina Storchio &#8211; Linda di Chamounix &#8211; G. Donizetti &#8211; <em>O luce di quest&rsquo;anima<\/em> &#8211; 1905<\/p>\n<p class=\"p1\">Salomea Kruscelnytska &#8211; Tosca &#8211; G. Puccini &#8211; <em>Vissi d\u2019arte<\/em> &#8211; 1903<\/p>\n<p class=\"p1\">Giuseppe de Luca &#8211; La Boh\u00eame &#8211; G. Puccini &#8211; <em><span class=\"s2\">Ah Mimi tu pi\u00f9 non torni &#8211; <\/span><\/em>1930<\/p>\n<p class=\"p1\">Emmy Destinn &#8211; La Boh\u00eame &#8211; G. Puccini &#8211; <em>Valse de Musette<\/em> &#8211; 1911<\/p>\n<p class=\"p1\">Enrico Caruso &#8211; Pagliacci &#8211; R. Leoncavallo &#8211; <em>Vesti la giubba<\/em> &#8211; 1902<\/p>\n<p class=\"p1\">Olive Fremstad &#8211; <span class=\"s3\">Th. Haynes Bayly<\/span> &#8211; <em>Long long ago<\/em> &#8211; 1911<\/p>\n<p class=\"p1\">Gilda dalla Rizza &#8211; Mefistofele &#8211; A. Bo\u00efto &#8211; <em>L<span class=\"s2\">\u2019altra notte in fondo al mare<\/span><\/em> &#8211; 1924<\/p>\n<p class=\"p1\">Lucien Muratore &#8211; Cavalleria Rusticana &#8211; P. Mascagni &#8211; <em>Chanson \u00e0 boire<\/em> &#8211; 1903<\/p>\n<p class=\"p1\">Maria Jeritza &#8211; Tannh\u00e4user &#8211; R. Wagner &#8211; <em>Allm\u00e4chtige Jungfrau<\/em> &#8211; 1927<\/p>\n<p class=\"p1\">Lotte Lehmann &#8211; Fidelio\/Leonore &#8211; L. van Beethoven &#8211; 1927<\/p>\n<p class=\"p1\">Rosa Raisa &#8211; Le Trouv\u00e8re &#8211; G. Verdi &#8211; <em>Miserere<\/em> &#8211; 1921<\/p>\n<p class=\"p1\">Miguel Fleta &#8211; Carmen &#8211; G. Bizet &#8211; <em>Air de la fleur<\/em> &#8211; 1922<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/phonomuseum.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Olive-Fremstad.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-3476\" src=\"https:\/\/phonomuseum.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Olive-Fremstad.png\" alt=\"\" width=\"413\" height=\"657\" srcset=\"https:\/\/phonomuseum.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Olive-Fremstad.png 413w, https:\/\/phonomuseum.fr\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/Olive-Fremstad-189x300.png 189w\" sizes=\"auto, (max-width: 413px) 100vw, 413px\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>Olive Fremstad<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Victor Maurel dans le r\u00f4le de Iago (Otello) Le vendredi 15 octobre 2021 s&rsquo;est tenu au PHONO Museum Paris une conf\u00e9rence d\u00e9di\u00e9e aux cr\u00e9ateurs et cr\u00e9atrices des r\u00f4les phares du grand r\u00e9pertoire lyrique au carrefour des XIXe et XXe si\u00e8cles. \u00c0 l&rsquo;instar de Rosa Ra\u00efsa (la premi\u00e8re Turandot) ou Victor Maurel (cr\u00e9ateur d&rsquo;Iago et Falstaff), [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":3474,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[14,35,40],"tags":[],"class_list":["post-3472","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-blog","category-conferences","category-conferences-2021"],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - 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